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Comment avoir un « style » d’écriture ?

Comment avoir un «style» d'écriture ?

Prélude :

Le « style » littéraire est l’expression inhérente d’un auteur dans sa façon d’écrire. Attachée à son identité et au « moi » de la plume, le « style » n’est autre que l’empreinte d’un écrivain, voire sa signature. Il se concentre donc dans la manière d’utiliser le langage pour la rédaction d’une idée.

Comment avoir un style d’écriture ?

Cette question hante souvent les auteurs qui souhaitent écrire leur premier manuscrit.
Comment avoir du « style » ? Comment « bien écrire » ? Comment être « reconnu » par son public ?

Cette vaste problématique est étudiée aujourd’hui par ImperialDream pour balayer un petit préjugé. Au contraire de beaucoup de pseudos conseillers littéraires qui accumuleront les méthodes et les incantations chamanes pour vous apprendre à avoir un « style », la boule de poils se contentera de vous dire qu’elle est incapable de vous apprendre l’art du « style d’écriture ».

« Quel intérêt de rédiger cet article ? » nous demanderez-vous avec raison.
Parce que nous voyons beaucoup trop de jeunes auteurs qui se perdent dans une quête du « style absolu », dans l’imitation d’autres auteurs ou pire encore, qui prennent le parti de faire avec une « absence de style ». Il nous est apparu alors judicieux de remettre les pendules à l’heure !

Le style est inhérent à toutes les plumes d’auteur

Oui ! La vérité réside peut-être dans cette sentence là : « point d’effort à chercher votre style, vous l’avez en vous ! »
Le « style » n’est pas une compilation de méthodes de travail, le « style » n’est pas non plus un calque ou un cahier des charges qu’il vous faut suivre à la lettre et appliquer dans chacun de vos textes, et surtout, le « style » ne s’apprend pas !

Prenez l’exemple de peintres si cette affirmation ne vous convainc pas. Personne n’a jamais appris à Picasso l’art du cubisme, personne n’a jamais murmuré à l’oreille de Rembrandt les secrets du clair-obscur comme personne n’a jamais imposé la délicatesse et la luminosité des mythologies grecques à Boticelli.

Comme une bonne morale d’un roman de Paulo Coelho, ne parcourez pas le monde entier à la quête de votre « style », de ce Graal tant convoité, parce qu’il est déjà en vous.

Le style s’exprime à travers vous

Cependant, qui dit « style en vous » ne dit pas « style utilisé ». Le plus admirable des conseils que nous pouvons vous donner en matière de « style », ce serait l’exercice régulier de l’écriture. Écrivez sur tout et n’importe quoi, écrivez sur votre vie, sur vos fantasmes, sur vos réflexions, sur une idée et pourquoi pas… écrivez une nouvelle. Ne cherchez pas à rédiger le roman entier tout de suite. Si vous faites bien attention aux tournures que vous employez, aux éléments qui vous inspirent, aux moments où vous avez l’impression que votre imagination s’emballe, que votre excitation s’empare de vos mots et que votre plaisir d’écrire est à son paroxysme… arrêtez-vous et regardez vos feuillets ! Car là vous toucherez du doigt votre « style » à l’état brut, comme un nouveau né, comme un diamant pas taillé.

Cependant, ne croyez pas que ces écrits sont ceux qui lèveront les foules et vous ouvriront les portes du Salon du Livre de Paris. Le nourrisson doit être éduqué avant de devenir un Homme, le « style » doit être travaillé pour devenir de la littérature.

Le style se travaille et se dresse

Comble de l’ironie, nous n’allons vous donner aucun conseil pour dénicher votre « style », mais plutôt pour vous le limiter.

Imaginez un chiot que vous aimeriez dresser pour en faire un chien d’aveugle. S’il a les prédispositions d’affection et d’intelligence pour aboutir à ce projet, il risque dans les premiers temps d’être trop câlin, trop attentionné, trop joueur voire trop vif. Les dresseurs ont alors pour mission de contenir cette vivacité, de canaliser cette énergie au profit des bons gestes et de leur apprendre à aimer leur maître sans leur sauter dessus.
C’est un peu la même chose pour votre « style ».

Le « style » doit être légèrement ressenti par les autres.
Il a tendance à prendre le pas sur l’écrit et sur la compréhension du texte. Qui ne s’est jamais perdu dans une tirade que l’on trouve exceptionnelle en l’état mais qui semble illisible pour quiconque s’intéresse à notre récit ?
Le rôle du bêta-lecteur est essentiel ici : s’il lui est impossible de vous prescrire un « style » particulier, il est à même de vous dire quand votre « style » est trop prégnant, étouffant et quand il s’agit de le limiter un peu. Faire lire ses textes aux autres est essentiel pour doser son « style », parce que l’auteur lui-même est parfois incapable de juger. Juger son propre « style », cela revient à se juger soi-même. Et l’égo n’est pas toujours disposé à cet exercice.

Le « style » doit rester naturel et inspiré : inutile de le forcer.
De façon plus vulgaire, si vous sentez que ça ne vient pas, ne vous l’imposez pas. Parfois, le « style » est aussi présent dans la retenue. Votre manière d’écrire est un peu une recette de cuisine : il ne suffit pas de mélanger les mêmes ingrédients pour obtenir un plat de goût, il faut savoir ajouter ou retirer telle épice ou telle sauce et ressentir ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Si vous pensez qu’il y a déjà assez de sucre, n’en rajoutez pas parce que vous avez lu qu’il fallait atteindre les 250g.

Le « style » reste subjectif !
S’il ne plaît pas à votre sœur ou à votre partenaire, il n’est pas forcément mauvais. Croyez-vous que le style vestimentaire plaît à toutes les mères d’adolescents ? L’objectif, c’est qu’il vous plaise à vous car c’est lui qui sera le moteur de votre écriture. Mais comme pour tout, veillez à ne pas l’imposer aux autres comme un caractère absolu.

Le « style » ne se dispense pas des règles de grammaire et d’orthographe.
Avoir un « style » c’est bien. Mais conserver les bonnes manières, c’est toujours plus charmant. Qu’importe donc votre façon d’écrire, il vous faut respecter les règles de la grammaire et ne pas, sous prétexte de votre « style », vouloir les réinventer ou les supprimer à votre guise. Un « style » est d’autant plus logique et apprécié lorsqu’il s’insère dans une narration irréprochable, quand il s’exprime à travers les codes qui sembleraient académiques. La clef du succès, c’est lorsque le lecteur remarque le « style » malgré la grammaire française. A l’inverse, remarquer le style parce que la grammaire est chahutée ou violentée souligne une connotation négative.

L’absence de style est une fausse bonne idée

Certains auteurs – que nous ne nommerons pas – voudraient nous faire croire que le secret de leur réussite s’attache à leur absence de « style ». C’est aussi amusant que si un chanteur nous racontait que le secret de sa voix viendrait de son absence de cordes vocales.

Non, amis auteurs, le « style » est inhérent à tout texte. Si l’on voulait pousser la plaisanterie plus loin, nous pourrions dire que la revendication de l’absence de style est en soi un « style ».

Cette ânerie est souvent motivée par la confusion entre « avoir du style » et « bien écrire ». Tout les auteurs ont un « style » mais tous ne savent pas « bien écrire » car « avoir un style » ne suffit pas.

Nous ne croyons pas pour autant avoir révolutionné le monde du livre grâce à cette petite mise au point. Toutefois, au détour de plusieurs articles du web sur l’écriture, beaucoup de conseillers éditoriaux semblaient savoir comment vous apprendre votre « style ».
Notre petit article rappelle simplement qu’aucun « pouvoir des trois » n’est nécessaire à la découverte de votre « style ». Suivez les conseils de Socrate : « Connais-toi toi-même » et n’allez pas chercher votre « style » chez les autres !

N.B : La question est discutée sur le forum http://imperialdreamer.forumsline.com/t4440-question-de-style

Qu’est-ce qu’un contrat d’édition ?

contrat_edition

On parle beaucoup d’être édité, d’être publié mais la base de cet acte passe par un contrat. C’est le papier qui justifie le lien entre l’auteur et son éditeur.
Toutefois, qu’est-ce qu’un contrat d’édition ? La réponse peut ainsi être formulée :

Le contrat d’édition est un contrat par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit (ou ses ayants droit) cède le droit de fabriquer (ou faire fabriquer) en nombre des exemplaires de l’œuvre à l’éditeur qui doit en assurer la publication et la diffusion.

Suivant cette définition, ce cours se décompose en quatre parties :

I- Le créateur et sa création
II- Les droits de l’auteur
 
III- Les règles du contrat

IV- Les effets du contrat

Bonus : un exemple anonyme de contrat d’édition.


I- Le créateur et sa création

Avant de commencer par parler de ses droits, il s’agit au préalable de cerner ce que représente l’auteur.
L’auteur est le créateur, c’est-à-dire qu’il participe réellement à l’élaboration d’une œuvre. Par conséquent, il n’est pas simplement celui qui insuffle une idée ni celui qui donne des conseils. L’auteur doit impérativement être une personne physique ; les personnes morales (= un groupement de personnes en entité dotée d’une personnalité juridique) ne peuvent prétendre être l’auteur d’une création, hormis dans le cas d’une œuvre dite collective.
L’auteur n’est reconnu en tant que créateur que s’il signe de son identité les œuvres qu’il a élaborées.

La création de l’auteur constitue une œuvre de l’esprit. Celle-ci nécessite une intervention humaine et peut être tirée du néant, c’est-à-dire par la totale imagination de l’esprit de l’auteur, ou au contraire être réalisée en fonction d’une création antérieure. C’est ce qui fait foi notamment lors d’une adaptation (au cinéma, au théâtre etc.) ou d’une traduction.

L’œuvre de l’esprit n’est protégée que par la forme qu’on lui a donnée. Par conséquent, les idées en elle-même sont exploitables par quelqu’un d’autre toutefois, la contextualisation permet de sauvegarder la propriété totale de l’œuvre.
L’œuvre de l’esprit est inhérente à son créateur, par conséquent, dès son élaboration elle est son entière propriété. Il est en outre exigé que cette œuvre de l’esprit ait un caractère original, c’est-à-dire qu’elle doit porter les empreintes caractéristiques de son créateur. Cette originalité ne peut néanmoins être définie par le code pénal et elle est laissée à la subjectivité d’un juge.
Remarque : il est toutefois recommandé de réunir des justificatifs pouvant attester de votre pleine propriété. On parle en ce cas d’effectuer un dépôt chez un notaire ou, par un moyen moins onéreux mais peut-être aussi moins efficace, en vous envoyant votre manuscrit par voie postale à votre propre adresse sans l’ouvrir. Le cachet de la Poste fera foi ; en France uniquement ou dans le pays dans lequel vous résidez.

Ce qui concerne donc le contrat d’édition, c’est le support sur lequel repose votre œuvre de l’esprit. Il ne constitue pas l’œuvre de l’esprit et n’est donc pas l’entière propriété de son créateur.

II – Les droits de l’auteur

Le droit de l’auteur est l’ensemble des prérogatives exclusives (= les attributions accordées uniquement à l’auteur) dont dispose l’auteur sur son œuvre de l’œuvre originale.
Les droits de l’auteur se divise en deux branches :

  • Les droits patrimoniaux
  • Les droits moraux

Les droits patrimoniaux réunissent l’ensemble des droits et des obligations d’une personne juridique. Ils sont cessibles mais sont limités dans le temps (selon les exigences de votre éditeur). Ils sont ensuite reconductibles au-delà de la période fixée avec l’accord des deux partis (l’auteur et l’éditeur). Les droits patrimoniaux se déclinent en deux attributs :

  • Le droit de reproduction : la reproduction consiste à fixer l’œuvre sur un support (papier, Internet…) en vue de la communiquer au public.
  • Le droit de représentation : la représentation et la communication de l’œuvre au public directement ou indirectement par tout procédé.

Les droits moraux ne sont pas cédés par le contrat d’édition car ils sont inaliénables dans la mesure où ils s’attachent au respect de l’intégrité de l’œuvre, l’auteur ne peut y renoncer. Il est également perpétuel et imprescriptible (= toujours valables), de sorte que quand l’œuvre est tombée dans le domaine public, le droit moral subsiste et doit continuer à être respecté. C’est ce qui fait donc directement référence aux droits sur l’œuvre de l’esprit.
Le droit moral se décompose en quatre attributs :

  • Le droit de première divulgation : le droit pour l’auteur de décider de mettre son œuvre à la disposition du public et de choisir les modes de divulgation.
  • Le droit à la paternité : le droit pour l’auteur de voir son nom sur toute reproduction ou représentation de son œuvre.
  • Le droit au respect de l’œuvre : le droit qui vise à protéger l’œuvre de dénaturation, modification, altération, ou même simplement de la sortie de son contexte.
  • Le droit de retrait ou de repentir : le droit qui permet aux auteurs de retirer son œuvre du marché.

Il vous faut donc être attentif dès la réception de votre contrat et vérifier si vos droits patrimoniaux et moraux sont respectés. Vous pourrez alors envisager la cession de vos droits à votre éditeur.
Remarque : En cas de décès de l’auteur, les héritiers deviennent titulaires des droits d’auteur pendant 70 ans et cela dans tous les pays compte tenu du caractère universel et trans-frontière des réseaux. Au-delà, l’œuvre tombe dans le domaine public c’est-à-dire qu’elle est à la disposition de tous et peut être exploitée librement.

III- Les règles du contrat

a) L’écriture du contrat

La publication et la diffusion de l’œuvre de l’auteur sont soumises à des obligations qui distinguent le contrat d’édition du simple contrat portant cession du droit de reproduction.

Le contrat d’édition devra obligatoirement être constaté par écrit et sur papier. Un contrat par e-mail ou sur tout autre support risque de se révéler inefficace. Il doit être accepté par les deux partis, toutefois l’auteur doit personnellement consentir au contrat d’édition (puisque le rédacteur du contrat est, sauf cas exceptionnel, l’éditeur lui-même).
Remarque : Pour une adaptation audiovisuelle, la création fera l’objet d’un contrat distinct.

Le contrat d’édition doit comporter des mentions.
Chaque droit cédé doit faire l’objet d’une mention particulière. Si ce n’est pas le cas, toute particularité qui n’est pas mentionnée dans un paragraphe distinct reste l’entière propriété de l’auteur. Tout droit expressément mentionné ne sera donc pas cédé par l’auteur à l’éditeur.
Remarque : un contrat qui stipule « tous droits cédés » ne vaut rien !

Le domaine d’exploitation des droits cédés doit être impérativement délimité dans les paragraphes qui les mentionnent. Ainsi, le contrat doit préciser son étendue (= nombre d’exemplaires), sa destination (= quelle sorte d’édition : jeunesse, de poche, de luxe etc.) son lieu (= le territoire concerné par cette diffusion) et sa durée (= pour toute la durée des droits c’est-à-dire la vie de l’auteur + 70 ans, ou pour une durée plus courte)
Remarque : La cession des droits ne vaut que pour le domaine d’exploitation prévu par le contrat d’édition.

Le contrat doit stipuler un nombre minimum d’exemplaires constituant le premier tirage. Toutefois, cette mention peut être contournée par l’éditeur si celui-ci prévoit un « à-valoir« , c’est-à-dire, s’il fonctionne sur une base de souscriptions.

b) La rémunération prévue par le contrat

La rémunération de l’auteur ne doit pas être similaire à l’achat d’un simple produit. Le droit d’exploitation n’est pas un objet matériel. Il faut donc veiller à ce que l’éditeur rémunère de manière proportionnelle par rapport aux recettes de l’exploitation. Il s’agit donc d’un pourcentage assis sur le prix de vente public hors-taxe. Si le contrat ne prévoit pas de rémunération proportionnelle, alors le contrat peut être annulé dans sa totalité.
Remarque : il existe des exceptions où le forfait est licite. Se renseigner auprès de l’association pour avoir un détail de ces exceptions ou auprès d’un professionnel juridique.

Le forfait peut toutefois être révisé à la demande de l’auteur et sous une action judiciaire en cas de lésion ou d’imprévision.

c) Ce que le contrat ne peut pas faire

Un contrat d’édition ne peut pas porter sur des œuvres futures non déterminées. Elles feront, le cas échéant, l’objet d’un nouveau contrat distinct du premier. La cession des droits sur une pluralité d’œuvre (= plusieurs tomes par exemple) est interdite. Nonobstant, on autorise le pacte de préférence, c’est-à-dire l’acte par lequel un promettant s’engage envers un bénéficiaire à lui proposer en priorité la conclusion d’un contrat s’il décide de conclure. Le pacte de préférence fera l’objet d’une convention accessoire au contrat d’édition.
Remarque : il n’y a toutefois aucune obligation de contracter car le bénéficiaire n’a aucun droit à la conclusion d’un contrat.

 

IV- Les effets du contrat

Après signature du contrat, celui-ci contraint l’auteur et l’éditeur à se soumettre à des obligations qu’ils sont tenus à suivre sous peine de sanctions pénales.

a) Les obligations de l’auteur

L’auteur doit mettre tous ses moyens à disposition pour que l’éditeur puisse publier et diffuser les exemplaires de l’œuvre.
Par conséquent, l’auteur doit garantir l’originalité et la validité de son manuscrit, puis le lui remettre en version définitive (= tel qu’il sera lu en librairie).
L’auteur doit suivre les délais du contrat pour lui remettre son manuscrit. De plus, le texte remis doit avoir été corrigé selon les épreuves de l’éditeur et doit donc être en état d’être publié.
Remarque : l’auteur reste l’entier propriétaire de son manuscrit. L’éditeur ne peut donc pas conserver le manuscrit original hors délais de fabrication des exemplaires de l’œuvre.

L’auteur doit en outre garantir l’exploitation exclusive de son manuscrit par l’éditeur. Il lui est donc interdit de le présenter à un autre professionnel sans l’accord de son éditeur.
L’auteur ne doit pas non plus se plagier lui-même et sortir une seconde œuvre chez un autre éditeur, pendant la durée d’exécution du contrat d’édition.
Enfin, si l’œuvre est attaquée en justice par un tiers, l’auteur est soumis à défendre son manuscrit aux côtés de l’éditeur et selon les exigences de l’éditeur.

b) Les obligations de l’éditeur

L’éditeur est soumis – cela paraît toutefois une évidence – à fabriquer les exemplaires de l’œuvre remise par l’auteur, selon les termes du contrat et selon les délais fixés.
L’éditeur doit assurer une exploitation permanente et suivie, pendant toute la durée d’exécution du contrat d’édition, puis une diffusion commerciale.
L’éditeur doit payer l’auteur selon les recettes de l’exploitation de l’œuvre, conformément au contrat.
L’éditeur doit fournir à l’auteur tous les justificatifs qui établiront les comptes exacts de l’exploitation de l’œuvre (= liste des clients, nombre d’exemplaires vendus etc.) au moins une fois par an et sans la demande express de l’auteur.
L’auteur doit respecter les droits moraux de l’auteur et donc assurer la paternité de celui-ci sur toutes les objets de communication liés à l’œuvre.
Remarque : l’éditeur ne peut par exemple écrire une préface qui jette le discrédit sur l’œuvre de son auteur.

L’éditeur ne peut transmettre à des tiers (= d’autres éditeurs, des professionnels du milieu littéraire etc.) les bénéfices liés à l’exploitation de l’œuvre sans le consentement de l’auteur.

Par ailleurs, l’éditeur n’est pas uniquement soumis aux exigences du contrat d’édition et doit donc aussi se plier à des obligations légales :

  • Il doit procéder au dépôt légal : il est soumis à déposer chaque document qu’il édite, publie, imprime auprès de la Bibliothèque Nationale de France ou auprès de l’organisme habilité à recevoir le dépôt en fonction de la nature du document.
  • Il doit faire figurer certaines mentions sur les exemplaires de l’œuvre : nom et domicile de sa maison d’édition, pays de production (pour l’étranger), mois et année de création et d’édition, les termes « dépôt légal » suivant la date de l’exécution du dépôt, le numéro ISBN (= International Standard Book Number = la clef d’enregistrement de votre livre) ou le numéro ISSN (s’il s’agit d’un périodique).
  • Le prix de vente fixé au public doit être unique pour tous les détaillants

Bien évidemment, un contrat peut être annulé ou encore résilié, mais cela fera l’objet d’un nouveau cours.

Bonus : Un exemplaire de contrat d’édition

L’équipe IMPERIALDREAM vous fournit un exemple de contrat d’édition, téléchargeable en version PDF :

EXEMPLE D’UN CONTRAT D’ÉDITION

Ce cours est maintenant terminé.  :)
Il vous faut donc retenir que, malgré l’inhérence d’une création à son créateur, le support sur lequel elle est couchée est soumis à des droits patrimoniaux qu’un tiers peut exploiter en collaboration avec le créateur (pour des raisons financières ; un auteur ne peut pas toujours se publier lui-même et assurer sa diffusion commerciale).
Ce tiers, qui n’est autre que l’éditeur, établit un contrat qui garantit la cession de vos droits patrimoniaux durant la fabrication des exemplaires de l’œuvre de l’auteur. Ce contrat est le lien qui vous unit devant la loi et qui atteste de toutes les possibilités d’exploitation de l’éditeur sur votre œuvre. Il vous faut donc être vigilant et lire avec minutie chaque mention du contrat, car chacune implique la cession d’un droit. Ce contrat est soumis à des règles précises et exigera ensuite des deux parti la conformité de son exécution.

A vous donc d’être vigilant et d’assurer la gestion de vos droits avec un éditeur scrupuleux.

On parle beaucoup d’être édité, d’être publié mais la base de cet acte passe par un contrat. C’est le papier qui justifie le lien entre l’auteur et son éditeur.
Toutefois, qu’est-ce qu’un contrat d’édition ? La réponse peut ainsi être formulée :

Le contrat d’édition est un contrat par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit (ou ses ayants droit) cède le droit de fabriquer (ou faire fabriquer) en nombre des exemplaires de l’œuvre à l’éditeur qui doit en assurer la publication et la diffusion.

Suivant cette définition, ce cours se décompose en trois parties :
I- Le créateur et sa création
II- Les droits de l’auteur
III- Les règles du contrat
IV- Les effets du contrat
Bonus : un exemple anonyme de contrat d’édition.

I- Le créateur et sa création

Avant de commencer par parler de ses droits, il s’agit au préalable de cerner ce que représente l’auteur.
L’auteur est le créateur, c’est-à-dire qu’il participe réellement à l’élaboration d’une œuvre. Par conséquent, il n’est pas simplement celui qui insuffle une idée ni celui qui donne des conseils. L’auteur doit impérativement être une personne physique ; les personnes morales (= un groupement de personnes en entité dotée d’une personnalité juridique) ne peuvent prétendre être l’auteur d’une création, hormis dans le cas d’une œuvre dite collective.
L’auteur n’est reconnu en tant que créateur que s’il signe de son identité les œuvres qu’il a élaborées.

La création de l’auteur constitue une œuvre de l’esprit. Celle-ci nécessite une intervention humaine et peut être tirée du néant, c’est-à-dire par la totale imagination de l’esprit de l’auteur, ou au contraire être réalisée en fonction d’une création antérieure. C’est ce qui fait foi notamment lors d’une adaptation (au cinéma, au théâtre etc.) ou d’une traduction.

L’œuvre de l’esprit n’est protégée que par la forme qu’on lui a donnée. Par conséquent, les idées en elle-même sont exploitables par quelqu’un d’autre toutefois, la contextualisation permet de sauvegarder la propriété totale de l’œuvre.
L’œuvre de l’esprit est inhérente à son créateur, par conséquent, dès son élaboration elle est son entière propriété. Il est en outre exigé que cette œuvre de l’esprit ait un caractère original, c’est-à-dire qu’elle doit porter les empreintes caractéristiques de son créateur. Cette originalité ne peut néanmoins être définie par le code pénal et elle est laissée à la subjectivité d’un juge.
Remarque : il est toutefois recommandé de réunir des justificatifs pouvant attester de votre pleine propriété. On parle en ce cas d’effectuer un dépôt chez un notaire ou, par un moyen moins onéreux mais peut-être aussi moins efficace, en vous envoyant votre manuscrit par voie postale à votre propre adresse sans l’ouvrir. Le cachet de la Poste fera foi ; en France uniquement ou dans le pays dans lequel vous résidez.

Ce qui concerne donc le contrat d’édition, c’est le support sur lequel repose votre œuvre de l’esprit. Il ne constitue pas l’œuvre de l’esprit et n’est donc pas l’entière propriété de son créateur.

II – Les droits de l’auteur

Le droit de l’auteur est l’ensemble des prérogatives exclusives (= les attributions accordées uniquement à l’auteur) dont dispose l’auteur sur son œuvre de l’esprit originale.
Les droits de l’auteur se divise en deux branches :

  • Les droits patrimoniaux
  • Les droits moraux

Les droits patrimoniaux réunissent l’ensemble des droits et des obligations d’une personne juridique. Ils sont cessibles mais sont limités dans le temps (selon les exigences de votre éditeur). Ils sont ensuite reconductibles au-delà de la période fixée avec l’accord des deux partis (l’auteur et l’éditeur). Les droits patrimoniaux se déclinent en deux attributs :

  • Le droit de reproduction : la reproduction consiste à fixer l’œuvre sur un support (papier, Internet…) en vue de la communiquer au public.
  • Le droit de représentation : la représentation et la communication de l’œuvre au public directement ou indirectement par tout procédé.

Les droits moraux ne sont pas cédés par le contrat d’édition car ils sont inaliénables dans la mesure où ils s’attachent au respect de l’intégrité de l’œuvre, l’auteur ne peut y renoncer. Il est également perpétuel et imprescriptible (= toujours valables), de sorte que quand l’œuvre est tombée dans le domaine public, le droit moral subsiste et doit continuer à être respecté. C’est ce qui fait donc directement référence aux droits sur l’œuvre de l’esprit.
Le droit moral se décompose en quatre attributs :

  • Le droit de première divulgation : le droit pour l’auteur de décider de mettre son œuvre à la disposition du public et de choisir les modes de divulgation.
  • Le droit à la paternité : le droit pour l’auteur de voir son nom sur toute reproduction ou représentation de son œuvre.
  • Le droit au respect de l’œuvre : le droit qui vise à protéger l’œuvre de dénaturation, modification, altération, ou même simplement de la sortie de son contexte.
  • Le droit de retrait ou de repentir : le droit qui permet aux auteurs de retirer son œuvre du marché.

Il vous faut donc être attentif dès la réception de votre contrat et vérifier si vos droits patrimoniaux et moraux sont respectés. Vous pourrez alors envisager la cession de vos droits à votre éditeur.
Remarque : En cas de décès de l’auteur, les héritiers deviennent titulaires des droits d’auteur pendant 70 ans et cela dans tous les pays compte tenu du caractère universel et trans-frontière des réseaux. Au-delà, l’œuvre tombe dans le domaine public c’est-à-dire qu’elle est à la disposition de tous et peut être exploitée librement.

III- Les règles du contrat

a) L’écriture du contrat

La publication et la diffusion de l’œuvre de l’auteur sont soumises à des obligations qui distinguent le contrat d’édition du simple contrat portant cession du droit de reproduction.

Le contrat d’édition devra obligatoirement être constaté par écrit et sur papier. Un contrat par e-mail ou sur tout autre support risque de se révéler inefficace. Il doit être accepté par les deux partis, toutefois l’auteur doit personnellement consentir au contrat d’édition (puisque le rédacteur du contrat est, sauf cas exceptionnel, l’éditeur lui-même).
Remarque : Pour une adaptation audiovisuelle, la création fera l’objet d’un contrat distinct.

Le contrat d’édition doit comporter des mentions.
Chaque droit cédé doit faire l’objet d’une mention particulière. Si ce n’est pas le cas, toute particularité qui n’est pas mentionnée dans un paragraphe distinct reste l’entière propriété de l’auteur. Tout droit expressément mentionné ne sera donc pas cédé par l’auteur à l’éditeur.
Remarque : un contrat qui stipule « tous droits cédés » ne vaut rien !

Le domaine d’exploitation des droits cédés doit être impérativement délimité dans les paragraphes qui les mentionnent. Ainsi, le contrat doit préciser son étendue (= nombre d’exemplaires), sa destination (= quelle sorte d’édition : jeunesse, de poche, de luxe etc.) son lieu (= le territoire concerné par cette diffusion) et sa durée (= pour toute la durée des droits c’est-à-dire la vie de l’auteur + 70 ans, ou pour une durée plus courte)
Remarque : La cession des droits ne vaut que pour le domaine d’exploitation prévu par le contrat d’édition.

Le contrat doit stipuler un nombre minimum d’exemplaires constituant le premier tirage. Toutefois, cette mention peut être contournée par l’éditeur si celui-ci prévoit un « à-valoir« , c’est-à-dire, s’il fonctionne sur une base de souscriptions.

b) La rémunération prévue par le contrat

La rémunération de l’auteur ne doit pas être similaire à l’achat d’un simple produit. Le droit d’exploitation n’est pas un objet matériel. Il faut donc veiller à ce que l’éditeur rémunère de manière proportionnelle par rapport aux recettes de l’exploitation. Il s’agit donc d’un pourcentage assis sur le prix de vente public hors-taxe. Si le contrat ne prévoit pas de rémunération proportionnelle, alors le contrat peut être annulé dans sa totalité.
Remarque : il existe des exceptions où le forfait est licite. Se renseigner auprès de l’association pour avoir un détail de ces exceptions ou auprès d’un professionnel juridique.

Le forfait peut toutefois être révisé à la demande de l’auteur et sous une action judiciaire en cas de lésion ou d’imprévision.

c) Ce que le contrat ne peut pas faire

Un contrat d’édition ne peut pas porter sur des œuvres futures non déterminées. Elles feront, le cas échéant, l’objet d’un nouveau contrat distinct du premier. La cession des droits sur une pluralité d’œuvre (= plusieurs tomes) est inerdite. Nonobstant, on autorise le pacte de préférence, c’est-à-dire l’acte par lequel un promettant s’engage envers un bénéficiaire à lui proposer en priorité la conclusion d’un contrat s’il décide de conclure. Le pacte de préférence fera l’objet d’une convention accessoire au contrat d’édition.
Remarque : il n’y a toutefois aucune obligation de contracter car le bénéficiaire n’a aucun droit à la conclusion d’un contrat.

IV- Les effets du contrat

Après signature du contrat, celui-ci contraint l’auteur et l’éditeur à se soumettre à des obligations qu’ils sont tenus à suivre sous peine de sanctions pénales.

a) Les obligations de l’auteur

L’auteur doit mettre tous ses moyens à disposition pour que l’éditeur puisse publier et diffuser les exemplaires de l’œuvre.
Par conséquent, l’auteur doit garantir l’originalité et la validité de son manuscrit, puis le lui remettre en version définitive (= tel qu’il sera lu en librairie).
L’auteur doit suivre les délais du contrat pour lui remettre son manuscrit. De plus, le texte remis doit avoir été corrigé selon les épreuves de l’éditeur et doit donc être en état d’être publié.
Remarque : l’auteur reste l’entier propriétaire de son manuscrit. L’éditeur ne peut donc pas conserver le manuscrit original hors délais de fabrication des exemplaires de l’œuvre.

L’auteur doit en outre garantir l’exploitation exclusive de son manuscrit par l’éditeur. Il lui est donc interdit de le présenter à un autre professionnel sans l’accord de son éditeur.
L’auteur ne doit pas non plus se plagier lui-même et sortir une seconde œuvre chez un autre éditeur, pendant la durée d’exécution du contrat d’édition.
Enfin, si l’œuvre est attaquée en justice par un tiers, l’auteur est soumis à défendre son manuscrit aux côtés de l’éditeur et selon les exigences de l’éditeur.

b) Les obligations de l’éditeur

L’éditeur est soumis – cela paraît toutefois une évidence – à fabriquer les exemplaires de l’œuvre remise par l’auteur, selon les termes du contrat et selon les délais fixés.
L’éditeur doit assurer une exploitation permanente et suivie, pendant toute la durée d’exécution du contrat d’édition, puis une diffusion commerciale.
L’éditeur doit payer l’auteur selon les recettes de l’exploitation de l’œuvre, conformément au contrat.
L’éditeur doit fournir à l’auteur tous les justificatifs qui établiront les comptes exacts de l’exploitation de l’œuvre (= liste des clients, nombre d’exemplaires vendus etc.) au moins une fois par an et sans la demande express de l’auteur.
L’auteur doit respecter les droits moraux de l’auteur et donc assurer la paternité de celui-ci sur toutes les objets de communication liés à l’œuvre.
Remarque : l’éditeur ne peut par exemple écrire une préface qui jette le discrédit sur l’œuvre de son auteur.

Comment alléger son texte ?

Bien trop souvent, les auteurs garnissent leurs textes de passages qui, aux premiers abords, semblent enrichir la narration mais qui, en définitive, alourdissent et embourbent le récit. Ce petit cours a donc pour vocation de détruire toutes ces maladresses en pointant du doigt tout ce qui est néfaste dans la formulation. C’est aussi l’occasion de comprendre la nécessité d’un texte fluide, de perdre des mauvaises habitudes et d’aérer son texte.

Nécessairement, ce cours sera découpé en trois parties :

I- C’est quoi un texte fluide? (page 1)
II- Perdons les mauvaises habitudes (page 2)

  • Les subordonnées
  • Les participes présents
  • Adverbes
  • Verbes Pronominaux

    III- L’aération du texte (page 3)
    IV- Bilan
    (page 4)

     


     

    I- C’est quoi un texte fluide?

    Bien souvent les jeunes auteurs cherchent à donner de la « prestance » à leur bout de texte. C’est certes une très bonne volonté, mais elle est souvent très mal amorcée. Tout d’abord, beaucoup recherchent la phrase complexe du genre:

    Hector, homme bienveillant, sage et aimant, s’approcha lentement de sa femme, douce et d’une beauté sans égale, pour lui caresser le haut de ses épaules et l’embrasser ensuite afin de lui prouver toute la passion qu’il lui portait.

    De prime abord, la phrase paraît d’une richesse qui en jette plein la vue, mais en se penchant dessus ne serait-ce que quelques secondes, l’on s’aperçoit que c’est surtout une abomination de la langue.

    En fait, quand on écrit, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne faut pas rechercher le compliqué. Du moins, pas quand on débute. Et il faut toujours partir d’une phrase simple que l’on brode ensuite. Pas laisser sa plume vagabonder au gré de son imagination en attachant sans cesse des subordonnées à l’indépendante du départ.

    En fait, le secret, c’est d’être clair et concis. Une petite correction de la phrase du haut serait:

    Hector était un homme bienveillant, sage et aimant. Il approcha sa femme, douce et d’une beauté sans égale, avec lenteur. Une caresse sur le haut de ses épaules suffit pour l’attirer contre sa poitrine et l’embrasser. Il lui avait prouvé une nouvelle fois la passion qu’il lui réservait.

    Bon le passage en lui-même n’est pas des plus évolués. Mais ça montre bien l’intérêt de couper sa phrase et de la rendre plus… esthétique.

    Le vocabulaire des éditeurs

    Les éditeurs emploient un jargon que vous serez susceptibles de rencontrer si vous venez à publier un ouvrage. Plutôt que d’ouvrir systématiquement votre dictionnaire ou demander à votre éditeur la signification de plusieurs termes (ce qui risquerait de souligner votre amateurisme), ce petit cours est un récapitulatif plus ou moins complet des mots ou expressions employés dans le milieu éditorial.


    Anthologie : C’est un ouvrage composé de plusieurs textes qui ont entre eux une certaine cohérence, ce qui fait son principal intérêt. Elle peut être constitué d’un seul et même auteur, ou de plusieurs, suivant le choix de la maison à ce sujet.

    Un AT ou Appel à Textes : les inconditionnels d’ID commencent à savoir sa signification, mais il faut bien le préciser. Un appel à textes est un organisme, une maison d’édition, un organisateur de concours etc. qui recherche un texte (nouvelle, novella, romans) sur un thème précis (fantastique en l’occurrence pour nous, mais aussi sur un polar, ou tout simplement avec une obligation de placer une phrase ou une citation !)

    Bon à tirer: Dernière épreuve (= dernières corrections, lorsque l’éditeur et l’auteur sont ok pour la finalité du texte) de l’œuvre qui est envoyée à l’imprimerie. C’est ce qui marque la finalité de l’ouvrage et ce qui indique qu’il sera tiré à plus ou moins grand nom d’exemplaires. Ce bon à tirer doit être signé (signature du contrat généralement), daté et il doit comporter le nombre de tirages prévus pour l’ouvrage.

    Collection : Les éditeurs ont bien souvent des collections. Elles paraissent anodines lorsque l’on cherche la ligne éditoriale de la maison sur leur site, mais c’est en vérité la première chose à regarder. Si la ligne éditoriale n’est mentionnée nulle part, ne baissez pas les bras en vous disant que vous enverrez votre manuscrit coûte que coûte. Il suffit d’aller voir leurs collections qui regroupent plusieurs ouvrages d’une même trempe. De ce fait, vous pourrez vous établir leur ligne éditoriale et voir si votre manuscrit correspond à ce que la maison édite.

    Correcteur : Après que l’éditeur a sélectionné votre manuscrit, celui-ci passe entre les mains d’un correcteur (correcteur qui peut aussi être à la fois l’éditeur lui-même) qui est chargé de relever toutes les erreurs de grammaire, syntaxe, orthographe et style en général. C’est donc lui qui s’occupe des épreuves à renvoyer à l’auteur (parce que le travail se fait conjointement). C’est celui qui finalise l’ouvrage.

    Épreuve : c’est ce qu’envoie un éditeur à son auteur lorsque celui-ci doit revoir son texte. Il ne faut pas se leurrer, tout écrit, aussi génial soit-il, a besoin d’être revu, même après l’envoi du manuscrit (même si vous estimiez qu’il était parfait). Car l’éditeur peut lui-aussi avoir ses exigences et peut vous demander de changer tel ou tel passage. On pourrait donc mettre en relation ce terme avec le sens populaire du mot « épreuve », puisque, d’une certaine façon, l’éditeur met à l’épreuve son auteur pour qu’il améliore son texte. Suivant les maisons d’édition, il y a plus ou moins d’épreuves (et selon le souhait de l’auteur). C’est un long travail (de plusieurs mois) avec le correcteur de la maison d’édition. Auteur et correcteur échangent leurs corrections sur le texte et le travaillent ensemble jusqu’à la fin.

    Manuscrit : abus de langage dans le monde de l’édition. Dans sa définition originale, un manuscrit est un texte rédigé à la main. Un conseil: n’envoyez jamais un texte écrit à la main chez un éditeur. Le progrès a eu raison de tout et les éditeurs n’accordent plus aucune importance à ce type de support. Nous devrions d’ailleurs dire « tapuscrit » ce qui convient déjà mieux à ce que représente ce type de support. C’est donc ce qu’envoie l’auteur à la maison d’édition lorsqu’il veut soumettre son œuvre. C’est donc l’histoire telle qu’elle le sera (plus ou moins) dans l’ouvrage final.

    Nouvelle : C’est un récit court et incisif qui compte entre 300 et 70 000 signes. Il y a plusieurs règles à respecter, comme une seule intrigue et un nombre restreint de personnages.

    Novella : Texte qui compte entre 70 000 et 200 000 signes. On l’appelle aussi un court-roman. Elle se place entre la nouvelle et le roman. Elle a donc une intrigue qui doit être dominante mais un nombre de personnages plus élevé.

    One-Shot : Roman qui raconte une histoire en un seul volume (l’inverse d’une trilogie).

    Planning de parutions : A faire très attention ça aussi. Lorsque la maison affiche sur son site que son planning est bouclé, c’est qu’il ne faut pas espérer être sélectionné chez eux. Le planning est le calendrier où ils se réservent l’élaboration d’un ouvrage. S’il est bouclé c’est qu’ils ont bouclé leur budget et qu’ils ne publieront rien d’autre avant que le planning soit rouvert. Et votre manuscrit pourrait directement aller dans la corbeille (ce qui serait fort dommage pour l’écologie ^^).

    Recueil : De nouvelles ou de poèmes. Sur ID nous avons souvent fait un abus de langage. C’est un ouvrage qui recueille (le terme est bon sur ce coup là) plusieurs textes. Ils peuvent avoir un fil conducteur comme pas du tout. La différence avec l’anthologie, c’est qu’un recueil ne doit être écrit que par un seul auteur !

    Roman : Si vous suivez la logique, c’est un texte qui compte plus de 200 000 signes. Attention toutefois, beaucoup de maisons d’édition demandent 500 000 signes minimum. Je ne peux guère vous le définir mieux que ça, tout le monde sait à peu près à quoi ressemble un roman. Si je m’avance plus, je serais contraint de définir chaque genre de roman et ça peut durer un moment ^^’.

    Signes : Le texte se compte en nombre de signes, espaces compris. Il peut paraître stupide par rapport au calcul de pages pour se faire une idée de la longueur de l’ouvrage, mais il est en fait essentiel. D’un format à l’autre, de marges plus ou moins grandes, le nombre de pages peut changer. Celui de signes ne sera jamais modifié. Les éditeurs imposent généralement un nombre de signes pour leurs AT. L’astuce pour les compter (plutôt que de les compter un à un sur votre écran) pour les utilisateurs de Word et OpenOffice:

    Outils => Statistiques. Le nombre de signes vous est donné.

    Synopsis : C’est un résumé ou un plan qui raconte d’une manière très succincte l’histoire de votre texte. Le synopsis ne doit généralement pas dépasser les deux pages ! C’est un moyen de plus en plus utilisé par les maisons d’édition (au grand damne des amoureux des lettres) car il facilite la sélection des textes. En contrepartie, il restreint le choix sur l’histoire et non sur le style de l’écrivain.

    Retrouvez ce cours sur le forum : http://imperialdreamer.forumsline.com/les-cours-f35/le-vocabulaire-de-l-edition-t1216.htm.

    Les dialogues : éléments efficaces de la narration

    Cours rédigé à l’aide des précieux conseils de l’auteur Vicki Hinze (Cf: http://www.vickihinze.com/)

    Les dialogues sont les interventions directes de vos personnages dans votre texte et la transpiration de leur caractère. Pour bien accrocher le lecteur, il s’agit de rendre ces dialogues efficaces et ciblés.

    Nous axerons ce cours sur trois parties :

    I- Pourquoi un dialogue efficace ? (page 1)
    II- Comment adapter les dialogues aux personnages ? (page 2)
    III-
    Une autre forme de dialogue: la gestuelle (page 3)
    Bonus
    : Présentation d’un dialogue (page 4)

    Conclusion (page 5)


    I- Pourquoi un dialogue efficace ?

    Il me semble obligatoire de débuter ce cours par une explication de l’intérêt de formuler des dialogues efficaces et surtout, d’expliquer ce qu’est cette notion d' »efficacité ».

    L’on aurait tendance à rendre les dialogues comme le reflet de notre réalité, avec la crédibilité qui suit, sans pour autant tomber dans les banalités de la vie quotidienne. Terrible dilemme auquel se confronte chaque auteur: coller à la crédibilité mais ne pas sombrer dans l’inutile.

    En d’autres termes, évitez ceci:

    « Bonjour Monsieur Romain.
    – Bonjour Madame Gladis
    – Beau temps aujourd’hui n’est-ce pas ?
    – Effectivement, le soleil brille, c’est agréable.
    – Je ne vous le fais pas dire, Madame Gladis. Alors comment vont les enfants ?

    etc…

    C’est effectivement ce à quoi va répondre ce cours. Comme dit précédemment, le dialogue est l’intervention directe de vos personnages auprès du lecteur. Le narrateur n’est donc plus là pour enjoliver ou dénaturer les propos du protagoniste qui s’adresse directement à votre lectorat.

    Le dialogue est là pour remotiver la narration, pour apporter des éléments nouveaux: son efficacité sera vérifiée si, à l’issue de ce dialogue, de nouvelles perspectives s’ouvrent et si le lecteur en a appris davantage aussi bien sur le contexte de l’histoire ou sur le personnage en lui-même.

    Mais le dialogue, c’est aussi le moyen de présenter concrètement votre protagoniste. Il découvre son caractère et ses émotions, ses intentions et ses aspirations, et surtout son niveau intellectuel par sa manière de s’exprimer. Pour faire simple, un roi s’exprimera comme un aristocrate, sauf contre-indication dans votre aventure, et sera mal perçu par votre lecteur s’il parle comme un adolescent de quinze ans.

    En d’autres termes, le dialogue et donc les paroles des personnages seront des outils qui permettront au lecteur de les cerner et de les identifier. C’est pourquoi un dialogue efficace est avant tout un dialogue où chaque personnage a sa manière de parler.

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